Sur un chemin (1/4)

Sur un chemin (1/4)

4 textes seront déposés sur Critikale jusqu’au 6 mai 2020. Deux textes sont connus car déjà mis en ligne il y a quelque temps en 2019. Les deux derniers seront, nouveaux. Tout est calculé de longue date.

La conduite exotique de Critikale reflète bien l’étrange comportement de celui derrière son écran. Je pense que c’est l’année de trop. L’année du ras-le-bol. L’année où plus je vois le Monde évolué, plus j’entends mon cœur pleuré et les larmes s’effondrer en un terrible fracas. La route que je suivais n’a jamais été réfléchie. Les décisions que j’ai prise ont toutes eu une conséquence désastreuse sur mon bien-être déjà fébrile. Petit, je me suis caché tant bien que mal derrière mon imagination, avec les objets du quotidien que je pouvais porter tels des armures protectrices. Je me réfugiais dans un monde qui m’était familier, quelque part où je pouvais sourire, rire, et où la vie avait un sens.

SUR UN CHEMIN – TEXTE 1

Sur un chemin au centre d’une forêt noire d’arbres étranges, aux feuilles envolées et aux branches mélangées, se dressait mille cailloux comme tombés d’un nuage en forme de rocher. Un petit garçon s’agitait là, au milieu de ce décor préservé. Il marchait durement pour que son père soit fier de lui et qu’il voit en son fils un petit homme valeureux qui ne ralentissait pas malgré la cadence imposée par ces adultes aux grands pas. Il regardait le sol, jonché de ces formes solides de toutes les nuances de gris, qui, dans sa tête et dans son cœur, étaient bien plus que des objets inertes. Il prenait soigneusement chacun d’entre eux et laissait dans ses mains celui qui se rapprochait plus ou moins, selon son imagination enfantine, d’un bolide ailé. C’est alors qu’il le faisait voler entre ses doigts, créant de toute pièce une aventure céleste. Dès lors, les kilomètres passèrent plus aisément et c’est tant mieux car l’enfantelet était bien plus fatigué que ses plaintes, pourtant régulières, laissaient embrasser.

Quelque fois, le jeune garçon mettait ses mains devant lui en imitant un large volant et jouait à conduire un bus en prenant les passants qui sortaient de la forêt. Comme si, sur ce long chemin, il y avait des personnes qui attendaient patiemment qu’on les transportent dans un autre recoin et avec pour chacun une histoire à raconter au petit conducteur. Ce petit garçon a vécu bien des aventures le long de ce chemin, toujours au milieu de vastes étendues d’arbres plus ou moins grassouillets. La route était toujours la même dans sa tête car à chaque fois, il reprenait ses aventures imaginaires et prenait un autre passage qui se dressait devant lui. Une direction qu’il voulait à chaque fois meilleure, pour oublier tous ses malheurs.

Hélas, l’imagination de ce petit randonneur s’est retrouvée bien tristement atténuée au fil des années. Le chemin qu’il a prit plus tard dans cette vie s’est refermé sur lui, à cause de mauvaises décisions, et de personnes malhonnêtes. Dorénavant, il marche sans âme et sans musique. Sa vie d’enfant, il n’en reste rien. S’il regarde demain avec des yeux brillants c’est qu’il espère une chose. Il espère qu’un de ces sentiers sur lesquels ses pieds se sont posés, lui montrera une autre voie que celle qui l’a décidé de se tuer.

Suite jeudi 23 avril 2020

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *