Suicide (3/4)

4 textes seront déposés sur Critikale jusqu’au 6 mai 2020. Deux textes sont connus car déjà mis en ligne il y a quelque temps en 2019. Les deux derniers seront, nouveaux. Tout est calculé de longue date.

SUICIDE – TEXTE 3

Rions un peu. Le suicide est, par définition, s’enlever volontairement la vie. C’est plutôt marrant car la définition d’un acte que nombreux qualifient d’étrange, de dérisoire, de débile, de couard, est résumé en une phrase laconique. Alors que la définition du mot vie est bien plus dense, plus complexe aussi. Faut-il y voir un signe. Que le suicide est un acte bref, sans qualificatif, sans réflexion, et que la vie, quant à elle, est un ensemble de choses plus grand.

LA TENTATIVE DE SUICIDE

J’ai voulu mettre fin à mes misérables jours il y a deux ans environ, un peu plus je crois. Alors que j’étais chez moi, en soirée, que je regardai dans le vide sur mon canapé, je me suis rappelé que mon existence était pleine de Rien. Que je n’avais rien accompli, que tous les malheurs du monde me tombaient dessus, sur moi, sur ma petite personne où à l’instant de cette fin de journée, était la plus fragile. Je commençais à pleurer, de belles larmes, regard empli de désespoir. C’est alors que me vint une idée géniale, me tuer. Je me suis dit « tiens, pourquoi pas, après tout, qui en aura quelque chose à foutre car mes appels à l’aide sur Critikale étaient restés sans retour« . Du coup, j’ai inséré une de mes chansons préférées sur ma platine vinyl : « Le coeur fragile » du fabuleux Jean Ferrat. Je me suis laissé emporté par la mélodie, par les paroles et je continuais à pleurer, comme un gland. Après 3 reprises de cette chanson et lorsque mes larmes commençaient à me gonfler pour mettre le disque, je suis allé dans la cuisine. Là, j’ai pris un couteau, un excellent couteau. Je me suis remis sur le canapé et après quelques minutes je me suis tranché les veines du poignet gauche.

LE RATAGE COMPLET

Il faut croire que je n’étais pas bien préparé car j’ai appris après coup, qu’il fallait se trancher les veines de bas en haut (ou haut en bas), de la main au coude, ou du coude à la main, enfin vous avez compris… Hélas, comme dans les films, j’ai coupé la veine que je voyais le mieux dans le sens de la largeur. Mon côté maniaque n’a pas été au rendez-vous. Pire encore, lorsque j’ai vu que ça commençait à bien saigner j’ai pris une photo que j’ai posté sur Facebook, sur mon ancien compte. Il faut croire que je voulais que quelques uns la voit, voit ma vie qui m’abandonnait. Au bout de quelques minutes, mon ami d’enfance, que je ne vois plus, m’a appelé en m’envoyant plusieurs textos. Mine de rien, mes forces se barraient de mon gros corps, et j’ai quand même répondu, comme si tout n’était pas assez préparé. Là je lui ai expliqué mais il est arrivé une poignée de minutes plus tard. Après des explications, me voilà en train d’écrire, presque 3 ans après, sur mon site à la con.

PROCHAIN SUICIDE – LE COMMENT

J’ai décidé d’être moins idiot. Déjà, il sera préparé, le couteau est toujours de mise car je pense que c’est la mort la plus douce, comme si on s’endormait, je ne veux pas me pendre et surtout, je ne serai pas capable de faire quelque chose de bien, je risque de tomber comme un débile ou ne pas savoir où m’accrocher, ce qui est complètement crétin vous en conviendrez. De plus, mon couteau n’était pas follement aiguisé et même si j’ai encore la cicatrice, je n’avais pas la bonne technique. C’est terminé, tout est parfaitement prévu. L’unique souci que j’ai actuellement, avec bien des petits réglages que j’ai effectué pourtant, mon appartement ne doit pas donné des soucis à ma famille et je ne souhaite pas qu’ils aient à le rembourser ou se faire chier à le vendre, ou pire à le brader et ne pas rembourser l’intégralité de mon prêt. Le reste, les crédits divers, sont terminés.

PROCHAIN SUICIDE – LE POURQUOI

Les regrets, l’inutilité. Voilà les deux raisons. Je suis bourré de regrets, de mauvaises décisions, de trucs bizarres que j’aurai dit, ou fait, qu’on me reproche. On me dit qu’on me supportait plus, on me dit que j’ai été odieux, on me dit bien des choses qui ne correspondent pas à ce que mon cœur fournit chaque jour. Pour de nombreuses choses, je n’ai pas pu m’expliquer s’il fallait. Je suis aussi stérile, chose que j’ai appris en 2009 (il me semble). Ayant souhaité tellement un enfant, me retrouver ainsi dénué du pouvoir de créer la vie, m’a foutu un choc que personne ne peut comprendre, et surtout que tout le monde peut sous-estimer. Je me suis assis sur ce fait et les stupides « tu n’as qu’à adopter » m’ont achevé. Au-delà de ça, qui est une ruine de l’âme, le monde m’ennuie, l’humain m’ennuie. Mes regrets ne sont nullement oubliables et je ne peux vivre avec. Personne ne comprend et je ne veux pas m’expliquer. Mettre cela sur Critikale est plutôt bête je trouve mais c’est mon site, un petit truc à moi qui restera en ligne quelque temps, où mes paroles et mes écrits resteront dans le cœur de ceux qui m’ont aimé.

LE TEXTE 4 DIRA TOUT

Le 4e et dernier texte finalisera ce petit moment à moi, où je tape sans trop réfléchir car il est déjà écrit dans ma tête. Personne peut me sauver de cette lame qui m’attend, car c’est la seule personne en ce monde qui mettra fin à une vie de Rien.

Suite et fin mercredi 6 mai 2020.

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