Finalement (4/4)

4e et dernier texte sur Critikale, il fait suite aux 3 textes présents toutes les semaines entre mercredi et jeudi. La suite sera annoncé par un seul article. Tout est calculé de longue date.

Texte difficile à lire car tous les mots construisent les clefs de ma tristesse cumulée depuis 42 ans. Personne ne peut comprendre la désespérance qui est en moi, et il arrive un moment où celle-ci vous a tellement rongé qu’il est impossible de revenir, ni même de se réveiller.

FINALEMENT – TEXTE 4

Finalement. Je suis toujours là, à griffer le plastique afin d’ériger des articles qui restent hermétiques à bien des âmes visées.

Finalement. Mes jambettes me transportent tous les jours, à la même allure obscure qui glisse dans mes yeux enténébrés vers ce cirque où je traîne mes poteaux fragilisées.

Finalement. Je navigue toujours vers cette trajectoire qui me mène nulle part, au plus proche chaque jour de cet éternel cauchemar qui ronge et qui rend noir, du soir au matin, toutes mes pensées.

Finalement. Je parle toujours d’espoir, de rêves chimériques, de choses à concevoir et à renoncer, d’intentions que je me donne et que je n’accomplis en aucune façon, même avec la plus docile volonté.

Finalement. Je suis un autre pour chacun, je suis celui que vous aimez bien, je suis celui que vous abhorrerez volontiers demain, je suis l’empathie de vos chagrins et de vos désirs désavoués.

Finalement. Je regarde toujours les autres avec envie, comme si je convoitais leur vie, leur famille, leurs amis. Tout proche, je vous regarde et pleure de ne pas avoir emprunté vos sentiers qui étaient pourtant devant moi toutes ces années d’une vie troublée.

Finalement. Je me cloisonne dans un mirador que seul mes rares proches osent emprunté. Mais hélas, ouvert des deux côtés, je n’arrive pas à les garder auprès de moi, à cause de cette destinée scellée.

Finalement. J’écris encore mais ces mots ne touchent pas, certains diront qu’ils sont sympas, d’autres qu’ils sont tarés, ratés comme moi, par des émotions futiles et des actes manqués.

Finalement. Je suis mon propre chemin, un mot répété sans fin dans mes textes quelconques, répété en vain sur mes lèvres moribondes, répété toujours comme ma seule arme contre ma fin. Ce point final qui marquera le crépuscule où chaque jour je me suis étranglé.

Finalement. Oui, finalement, ne serai-je pas déjà mort et je le comprends à l’instant présent. Mourir est mon paraphe pour une vie qui s’achèvera bientôt, mais prenez garde, vous qui lisez… vous qui essayez de comprendre les mots matraqués sur ce site abandonné, sachez que vous resterez à jamais gravé sur cette lame acérée. Celle qui me rapprochera petit à petit à petit de l’unique fièvre qui anime cette année de fatalités.

2020 est l’année de trop, l’année où je vois tout. Que tous les jours que je passe à faire semblant auprès de vous ne sont qu’un compte à rebours pour une histoire écrite de longue date. Une histoire consommée.

À bientôt.

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